« Lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde. »
Christian Bobin
« Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose. Arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse. Laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes ». Georges Perec
Ces deux formules circonscrivent assez bien les raisons qui me poussent à écrire : fixer quelque chose dans la durée, laisser des traces, des indices susceptibles de servir de repères à d'autres. Mais il s'agit aussi d'opposer une résistance au désordre du monde, de maintenir une forme de vigilance qui permette de traverser les turbulences sans dévier de sa route.
« Ne raconte pas ta vie, c'est la mienne », disait Jacques Prévert. Pourtant, écrire ne revient-il pas toujours, d'une manière ou d'une autre, à raconter sa vie — passée, présente, future ou fantasmée ? Certains récits prennent la forme du témoignage direct. D'autres donnent naissance à des personnages fictifs qui ne sont jamais que des créations de notre imagination, elle-même nourrie par toutes les personnes que nous avons rencontrées au fil de notre existence. Les histoires que nous élaborons procèdent ainsi d'un alliage entre l'imagination et l'expérience, qu'elle soit vécue ou rapportée.
